Avant l’abri
Je ris et je cours sous la pluie,
je ris de la distance qu’il reste à parcourir
jusqu’à l’abri anti-chimique.
Je ris, je cours mes cheveux fument
et la peau de mes joues se décollent avant l’abri anti-chimique.
Je l’savais mais j’vous jure mes enfants j’y croyait pas vraiment
j’ai pourtant bien coupé l’eau chaque fois que j’me brossais les dents.
ça suffit pas, ça suffit pas, ça suffit pas , ça pas suffit !
Je ris en creusant la terre,
je ris de la distance qu’il reste à faire
avant l’abri anti-nucléaire.
Je ris dans la terre qui tourne à la boue,
le son des cloques à pustules qui claquent
avant l’abri anti-nucléaire.
Je l’savais mais j’vous jure mes enfants j’y croyait pas vraiment
j’ai pourtant bien dis non à la guerre et chauffer la yourte au soleil
ça suffit pas, ça suffit pas, ça suffit pas , ça pas suffit !
Je cours devant la brigade des vautours,
je ris de la distance à parcourir
jusqu’à l’abri anti-fachiste.
Je ris, je cours avec une vieille envie
de m’retourner une dernière fois, et finir au combat !
Plutôt qu’à l’abri anti-fachiste.
j’les ais pourtant bien vu se relever ces bras tendus
j’ai pourtant bien dis autour de moi : ça pue, c’est moche !
ça suffit pas, ça suffit pas, ça suffit pas , ça suffit pas !
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